L'or chute de -3,56 % : le refuge pris à contre-pied
Du 19 au 23 octobre 2026, l'or termine la semaine à 114,91 €/g (cours à 16h48), en baisse de -3,56 %.
Pétrole relancé par les tensions dans le détroit d'Ormuz, crainte d'une nouvelle hausse des taux de la Fed, déroute des valeurs technologiques : l'or a traversé une semaine difficile. Paradoxe, des chocs qui soutiennent d'habitude la valeur refuge l'ont cette fois fait reculer, jusqu'à passer brièvement sous les 4 000 dollars l'once. Seul répit, un dollar plus faible en milieu de semaine.
19 octobre : Trump lâche du lest sur la Russie
Ce week-end, Donald Trump a suspendu la plupart des sanctions et des droits de douane visant la Russie. Le pétrole recule et l'or monte en matinée, avant de céder du terrain quand le dollar se renforce.
Plus de pétrole russe sur le marché, c'est un baril moins cher et moins de pression sur l'inflation, donc moins de raisons pour la Fed de relever ses taux : un contexte plutôt favorable à l'or. Mais l'après-midi, le dollar et le taux américain à 10 ans remontent. Or des taux plus élevés rendent moins attractif un actif qui ne verse pas d'intérêts, et l'or finit la journée en léger recul.
20 octobre : le pétrole repart à la hausse
Après de nouvelles attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite, le baril remonte vers 112 dollars, près de son plus haut depuis cinq mois. L'or recule.
Un pétrole plus cher se répercute sur l'essence, les transports et l'ensemble des prix. Cette inflation importée pousse la Fed à garder des taux élevés, voire à les relever encore. Pour l'or, qui ne rapporte rien tant qu'il est détenu, c'est un vent contraire.
21 octobre : la Russie vend son or
La Banque de Russie a vendu 6,2 tonnes d'or en septembre, et ses réserves tombent à leur plus bas niveau depuis fin 2019. L'or, lui, remonte légèrement, porté par un dollar plus faible.
Une banque centrale qui vend est d'ordinaire un signal négatif pour l'or. Mais ce jour-là, le marché regarde surtout le dollar. L'or étant coté en dollars, un billet vert qui recule le rend moins cher pour le reste du monde, ce qui soutient la demande.
22 octobre : l'or décroche
Les attaques contre des navires reprennent dans le détroit d'Ormuz et le baril dépasse 113 dollars. Les marchés anticipent désormais une hausse des taux de la Fed en décembre et l'or perd près de 3 %, sa plus forte baisse de la semaine.
Une escalade militaire profite souvent à l'or. Mais ici, la menace passe d'abord par le pétrole : un baril plus cher, c'est plus d'inflation, donc des taux qui restent élevés plus longtemps. Même la baisse du taux américain à 10 ans ce jour-là ne suffit pas à le soutenir.
23 octobre : la tech entraîne l'or
La chute des valeurs liées à l'intelligence artificielle pousse des investisseurs à vendre de l'or pour couvrir leurs pertes. Dans la nuit, il passe sous les 4 000 dollars l'once, une première depuis juillet, puis se reprend.
Quand les marchés actions décrochent brutalement, certains investisseurs vendent ce qui se vend le plus vite, et l'or en fait partie : il sert alors de réserve de liquidités plutôt que de refuge. Sa reprise en fin de journée s'explique en partie par des marchés qui revoient à la baisse leurs paris sur une nouvelle hausse des taux de la Fed.
À retenir
L'or termine la semaine à 114,91 €/g, en baisse de -3,56 %.
La semaine montre que l'or ne réagit pas mécaniquement aux crises. Quand une tension géopolitique passe par le pétrole, elle ravive l'inflation et la perspective de taux plus élevés, deux freins pour le métal jaune. Et quand la Bourse décroche brutalement, l'or peut être vendu pour compenser d'autres pertes. Résultat : une baisse marquée, dans un contexte qui semblait pourtant favorable à la valeur refuge. Le cours peut monter comme baisser, et la réunion de la Fed des 27 et 28 octobre sera le prochain rendez-vous à suivre.
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